La CUMP45 – une réponse médico‑psychologique coordonnée face aux situations de crise

Rôle et le fonctionnement de la CUMP 45

La CUMP 45 Centre – Val de Loire (Cellule d’Urgence Médico-Psychologique) est une unité fonctionnelle du SAMU, sollicitée lors d’événements graves touchant un collectif et susceptibles de générer des conséquences psychologiques importantes. A l’échelon local, s’ajoutent des missions régionales de formation, de coordination et de soutien opérationnel aux autres départements de la région Centre – Val de Loire. La CUMP 45 repose sur deux statuts de professionnels : des personnels permanents disposant d’un temps de travail dédié à la CUMP, et des volontaires issus de différents établissements hospitaliers du Loiret, tels que l’EPSM Georges Daumézon, le CHU d’Orléans ou le Centre Hospitalier de l’Agglomération Montargoise.

La CUMP est mobilisée notamment à la suite d’attentats, d’accidents de la voie publique majeurs, d’incidents critiques, de catastrophes naturelles, ou lorsque les personnes concernées sont confrontées à la mort qu’elles soient directement impliquées ou témoins.

Lors de ses interventions, les missions de la CUMP sont les suivantes : trier les personnes (selon la gravité des symptômes), évaluer (l’état psychique), prendre en charge (avec les outils préventifs et thérapeutiques adéquats au contexte), informer (sur les symptômes, les droits, les ressources), orienter (vers des associations, des lieux de soins spécifiques, évacuer vers les urgences si besoin).

 

Une pluridisciplinarité essentielle dans les interventions

L’équipe de volontaires est résolument pluridisciplinaire et composée notamment de psychiatres, de psychologues, d’infirmiers, d’assistants médico-administratifs et de psychomotriciennes. Cette diversité de compétences et d’expériences dans le groupe d’intervention permet d’adapter les modalités de prise en charge aux besoins spécifiques des publics rencontrés, quels que soient leur âge, leurs parcours de vie et à la nature des situations.

 

Le rôle de l’EPSM Daumézon dans le fonctionnement et le soutien de la CUMP 45

L’EPSM du Loiret constitue un soutien majeur du dispositif, notamment en raison du nombre important de professionnels volontaires qu’il mobilise. Il a par ailleurs joué un rôle déterminant lors de la création de la CUMP 45, en posant les premières pierres du dispositif jusqu’à l’attribution de missions régionales en 2003. La forte proportion de professionnels formés à la santé mentale apporte une grande finesse dans l’évaluation des situations et un regard clinique approfondi. La mobilisation des volontaires de l’EPSM est possible si l’agent peut s’absenter de son service sans le désorganiser et avec l’accord de son encadrement de proximité, selon la convention établie entre l’EPSM et la CUMP 45.

La formation des professionnels est assurée par la CUMP 45 à travers deux niveaux : une formation théorique qui constitue une annexe de spécialisation de l’AFGSU, et une formation axée sur les techniques de prise en charge. En complément, l’EPSM du Loiret propose des formations supplémentaires, notamment autour des Premiers Secours en Santé Mentale, les entretiens infirmiers, la victimologie, renforçant ainsi les compétences et l’engagement des professionnels au sein du dispositif.

 

L’intégration de psychomotriciennes au sein de la CUMP 45

La CUMP 45 – CVL a fait le choix d’intégrer les trois psychomotriciennes de l’EPSM Daumézon dans son équipe de volontaires. Ce sont les seules psychomotriciennes de la région et cette catégorie professionnelle est peu représentée dans les équipes de CUMP sur le territoire national.

Au sein de la CUMP 45, les psychomotriciennes s’engagent en tant que volontaires au sein d’une équipe constituée de psychologues, infirmiers et assistants médico-administratifs. Leur rôle s’inscrit dans la continuité de la dynamique du SAMU, à savoir la disponibilité, l’écoute et le soutien. Chaque professionnel s’investit dans son volontariat, avec ses expériences personnelles et professionnelles, ainsi que par son individualité.

La CUMP 45 étant novatrice sur le plan national dans l’intégration de psychomotriciens dans le pool de volontaires, ce rôle reste à définir et construire. Les trois psychomotriciennes volontaires dans le Loiret ont permis d’enrichir l’évaluation clinique des impliqués en portant un regard expert à l’expression corporelle des symptômes de stress aigu. Cette lecture a mis en lumière la nécessité d’enrichir le matériel d’intervention de médiateurs psycho-sensoriels.

Les psychomotriciennes interviennent en binôme, ce qui permet un croisement de regards et enrichit l’accueil et l’accompagnement des impliqués. Par son approche psychocorporelle, dès l’accueil de la victime, la psychomotricienne peut observer ses comportements, ses réactions tonico-émotionnelles et utiliser des techniques spécifiques pour l’aider à se réancrer dans l’instant présent.

Les manifestations psychomotrices qui font suite à un événement potentiellement traumatique concernent l’ensemble des individus impliqués et pris en charge par la CUMP. Ainsi, les psychomotriciens ont un champ d’action identique aux autres volontaires, avec toutefois une lecture clinique propre.

Les psychomotriciennes peuvent développer des techniques de respiration et d’ancrage dans l’ici et maintenant. L’outil principal d’un psychomotricien étant son propre corps, l’utilisation de l’accordage tonique et du dialogue tonique peuvent participer à l’ancrage via notamment le toucher thérapeutique.

Les objets sensoriels prévus peuvent être utilisés par les volontaires, mais leur utilisation n’est pas systématique et pas spécifique au psychomotricien.

 

Une plus-value à l’échelle départementale et régionale

Cela permet d’élargir l’offre d’accueil en CUMP, en considérant la clinique des manifestations psychomotrices et leurs prises en soin dans l’immédiat et post-immédiat.

Auprès de l’équipe, les psychomotriciennes peuvent proposer des temps d’expérimentations de techniques à visée de gestion du stress et des émotions. Ainsi, les volontaires sont réinvités à prendre soin d’eux, avant, pendant et après les interventions, afin d’écarter les risques de traumatismes vicariants (liés à l’exposition à la souffrance et l’engagement empathique avec les personnes qui ont vécu des évènements traumatisants).

 

Perspectives ou évolutions de la psychomotricité au sein des CUMP

L’ouverture des CUMP à l’intégration de psychomotricien montre l’importance de l’accompagnement de l’impact psychocorporel des évènements potentiellement traumatiques.

L’apport théorique autour des manifestations psychomotrices dans les réactions de stress aigu pourrait être proposé dans la formation des volontaires.

Dans le cadre de la formation initiale des psychomotriciens, des interventions théoriques et/ou pratiques pourraient être proposées sur la clinique de l’urgence médico-psychologique. Ainsi, les futurs professionnels seront plus à même de s’engager dans ce type d’accompagnement.