[Recherche & Innovation] : Comprendre le lien entre inflammation et troubles psychiatriques

L’article ci-dessous s’intéresse à un phénomène de plus en plus étudié : l’inflammation dans les maladies mentales sévères (dépression, trouble bipolaire, schizophrénie).

 

En effet, chez environ 3 patients sur 10, on observe une inflammation chronique légère dans le corps, mesurée par un marqueur sanguin appelé CRP (protéine C‑réactive). Cette inflammation est importante car elle est souvent associée à :

  • Des symptômes plus graves
  • Une réponse moins bonne aux traitements
  • Plus de problèmes de santé (notamment cardiovasculaires)

 

Toutefois la CRP reste un indicateur très général : elle peut augmenter pour de nombreuses raisons. L’objectif de l’étude est donc d’aller plus loin et de comprendre ce qui provoque réellement cette inflammation chez ces patients.

 

Une étude à grande échelle

Les chercheurs ont analysé les données de plus de 7 000 patients en France, issus de plusieurs cohortes spécialisées. Ils ont étudié de nombreux facteurs : mode de vie, santé physique, caractéristiques psychiatriques… pour identifier les principales causes associées à une CRP élevée.

Ainsi, plusieurs éléments ressortent clairement comme associés à une inflammation élevée :

  • Le surpoids et l’obésité : facteur le plus important
  • Le tabac et la dépendance à la nicotine
  • Les problèmes métaboliques : cholestérol, triglycérides…
  • Le sexe féminin, les femmes étant globalement plus concernées

D’autres facteurs jouent aussi un rôle, comme :

  • Le tour de taille
  • Certaines maladies cardiovasculaires
  • Le taux d’acide urique (surtout chez les femmes)

Globalement, ces facteurs relèvent surtout de la santé physique et du mode de vie.

 

Des différences entre femmes et hommes

Il apparaît que les causes de l’inflammation ne sont pas exactement les mêmes selon le sexe :

  • Chez les femmes, l’obésité est de loin le facteur principal ; les problèmes métaboliques (cholestérol, acide urique) jouent aussi un rôle.
  • Chez les hommes, l’influence est plus variée et le tabac prend une place plus importante

Cela signifie que les stratégies de prise en charge devraient être adaptées selon le profil des patients.

 

Vers une prise en charge plus personnalisée

Les auteurs proposent une approche simple en plusieurs étapes :

  • Mesurer la CRP pour repérer les patients présentant une inflammation
  • Identifier les causes principales chez chaque personne
  • Mettre en place des actions ciblées

Les priorités qui ressortent sont :

  • Agir sur le poids (alimentation, activité physique, traitements adaptés)
  • Améliorer la santé métabolique
  • Arrêter le tabac, surtout chez les hommes

Ce qu’il faut retenir

  • L’inflammation est fréquente dans les troubles psychiatriques sévères
  • Elle n’a pas une cause unique : elle résulte surtout de facteurs liés au mode de vie et à la santé physique
  • L’obésité apparaît comme le facteur majeur, suivi par le tabac et les troubles métaboliques
  • Les causes varient selon le sexe, ce qui ouvre la voie à une médecine plus personnalisée

 

👉 En résumé, cet article montre qu’à partir du simple marqueur qu’est la CRP, on peut développer une approche concrète consistant à identifier les causes de l’inflammation et à agir dessus pour améliorer la santé globale des patients.

 

Tim Rietberg et al. From non-specific biomarker to targeted action: transdiagnostic and sex-specific drivers of high-CRP status in severe mental illness across the FondaMental Advanced Centers of Expertise (FACE) cohorts, Brain, Behavior, and Immunity, 2026. https://doi.org/10.1016/j.bbi.2026.106464

 

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